J’ai déménagé : la nouvelle adresse est http://www.apprenti-polyglotte.net/.

Possibilités de création de mots en espéranto

Un des principaux avantages de l’espéranto, c’est son système de création de mots qui permet, en assemblant des éléments, de diminuer la quantité de vocabulaire à apprendre tout en permettant d’inventer des mots très expressifs. Je vais illustrer quelques unes des nombreuses possibilités de ce système rigoureux et logique. (Bon, pour être tout à fait honnête, il y a certains cas où la logique m’échappe, mais globalement, c’est quand même bien fichu.)

Exemples de dérivation

Un jour où je m’ennuyais, j’ai voulu essayer de trouver combien de mots je pouvais créer en partant d’un seul radical en espéranto. Je me souviens avoir lu quelque part que pour chaque radical appris, on augmentait son vocabulaire de trente mots. Ça doit certainement dépendre des radicaux, mais je pense que c’est une estimation raisonnable.

pluv-

Ce radical signifie « pluie ». Pour l’instant, je vais me limiter aux préfixes et suffixes.

Je vais maintenant élargir un peu en utilisant d’autres radicaux.

Et voilà, j’ai trouvé 31 mots à partir d’une racine. Ce sont des mots réels, puisqu’ils sont tous utilisables (et utilisés pour la plupart), et surtout immédiatement compréhensibles. J’aurais pu encore rallonger la liste avec des mots tirés par le cheveux : pluvegaĉado (saleté de forte pluie qui dure) ou senpluvigisto (personne dont le métier est de supprimer la pluie).

vid-

Ce radical signifie « voir ». Je ne vais pas le combiner avec d’autre noms, adjectifs ou verbes, sinon la liste pourrait être très longue.

sen—igi

Je vais maintenant prendre un exemple avec lequel il est facile de trouver des mots simples à comprendre, et pourtant difficiles à traduire en français sans utiliser toute une phrase. Sen signifie « sans », et -igi « causer, rendre ». Les mots du type sen—igi correspondent souvent en français à des mots de la forme « dé—iser » ou « dé—ifier ».

Le premier mot peut sembler tiré par les cheveux, mais est en fait tout à fait utilisable : par exemple senblatigi kuirejon, exterminer les cafards d’une cuisine. En fait, on peut utiliser ce principe avec n’importe quel nom. Rien n’interdit de dire senacerigi arbaron (« supprimer les érables d’une forêt »). Je doute que ce soit quelque chose de courant, mais si ça arrive un jour, le mot pour en parler en espéranto existe potentiellement.

Mots à rallonge

En espéranto, il n’y a pas de mot le plus long : les possibilités de combinaisons sont théoriquement infinies.

Un jour où je m’ennuyais encore plus, je me suis amusé à créer ce mot : mezepokokcidenteŭrop­tradicimuzikaŭskultemul­asocikunsidopartoprenantin­nombrokreskigvolo. Décomposons-le : mez-epok-okcident-eŭrop­-tradici-muzik-aŭskult-em-ul-­asoci-kun-sido-parto-pren-ant-in-­nombro-kresk-ig-volo. 20 élements, 86 lettres. En français, ça donne : « volonté d’augmenter le nombre de participantes aux réunions de l’association de ceux qui aiment bien écouter la musique traditionnelle de l’Europe occidentale médiévale ».

Mais bon, dans la pratique, on évite de combiner trop d’éléments (c’est pour ça que je dis que les combinaisons sont théoriquement infinies), sinon ça donne un résultat presque incompréhensible (et difficile à dire sans reprendre son souffle). Je comprends ce mot parce que c’est moi qui l’ai inventé, mais pour quelqu’un d’autre, il faut probablement le relire plusieurs fois pour le comprendre.